Application Mouv’ - Secrets de fabrication 

BCI Mouv' - Application by Tealforge

En 2021, la BCI - Banque calédonienne d'investissement, lance son projet “Mouv’”, qui vise à améliorer la valeur de son offre jeune (18-25ans). Le projet propose à ces derniers, via une application mobile, de nombreux avantages, offres et promotions exclusives de partenaires recrutés sur tout le territoire. Tealforge a réalisé le développement complet de cette application.

Contexte & Objectifs - Comment apporter de la valeur ? 

Parmi les deux principaux moments de leur vie où les clients choisissent un service bancaire sont : lors de la contraction d’un emprunt immobilier et lors de la contraction du premier compte bancaire. 

Les jeunes sont très concernés par ce second. Parmi les critères de choix de cette première ouverture, avec “choisir la banque des parents”, on a bien sûr l’attractivité globale de la banque, et notamment de son offre jeune.

Le paysage bancaire calédonien étant assez concurrentiel et la cible plutôt difficile à atteindre pour beaucoup de raisons, la BCI a choisi de se tourner vers l’innovation, et notamment l’innovation numérique pour développer son offre jeune.

La digitalisation de la population calédonienne suit un bon avancement ces dernières années, portée notamment par la popularisation des usages mobiles. Cette digitalisation touche d’ailleurs particulièrement les jeunes pour des raisons assez évidentes. Le choix d’un outil numérique pour créer de la valeur est donc tombé sous le sens. 

Tout l’enjeu de l’innovation, et l’objectif principal de la BCI, a donc été de trouver de nouvelles solutions pour apporter un maximum de la valeur à cette offre via l’outil numérique et in fine, aux utilisateurs : ses jeunes clients.  

L’approche - Valeur pour l’utilisateur et agilité 

Le concept trouvé par les équipes de la BCI pour répondre à cet objectif a donc été Mouv’, une application mobile qui offre des avantages et promotions à ses clients jeunes. 

Reste maintenant à livrer le projet, rien que ça. 

La question se pose naturellement : quelles méthodes pour créer un outil numérique de qualité ? 

Entre études marketing et démarches UX (expérience utilisateur), la BCI a initié le projet avec pour objectif de déléguer la partie développement à un prestataire externe. 

C’est Tealforge qui a donc été choisi, en ne proposant non pas un livrable au forfait, mais des sprints de développement. Pourquoi cette proposition ? Quelles méthodes ? Quel résultat ? Voici les dessous de la réalisation de cette application mobile.  

Développer en mode agile

Au cours des quinze dernières années, le développement agile est devenu l'une des méthodes les plus populaires pour développer des logiciels. Par extension, ces méthodes touchent de plus en plus la création de sites internet et d'applications.

Contrairement aux méthodes classiques dites “Cycle en V”, où l’on développe un outil numérique sur la base d’un cahier des charges et une prestation au forfait, l’application Mouv’ a été complètement construite en utilisant la méthode SCRUM, une des méthodes les plus populaires des méthodes agiles. 

Il n’y a pas eu de cahier des charges poussé, toutes les fonctionnalités imaginées n’ont pas été garanties d’être développées (et ne l’ont pas été), et pourtant, l’application est sortie dans les délais, au budget attendu, et est déjà un succès pour ses utilisateurs avec près de 20% d’installation dans le pool de clients jeunes de la BCI en seulement un mois, ainsi que d’excellents retours sur l’utilisation en général. 

“Pas de cahier des charges ?” 

“Comment ça vous n’avez pas tout développé ?” 

Inspection. 

1. Dé-risquer au lancement VS Dé-risquer au fur et à mesure

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Un principe des projets numériques est de trouver l’équilibre entre trois choses : délais, qualité et budget. Pour trouver cet équilibre, le traditionnel cycle en V diminue un maximum le risque en allouant beaucoup de temps à bien définir un cahier des charges, qui permettra de définir un périmètre à la qualité, puis d’établir une estimation du budget et des délais nécessaires pour atteindre ce niveau de qualité. 

Le risque repose donc sur des estimations : techniques avec le cahier des charges, de budget et de délais qui en ont découlé. Concrètement pour une appli ou un site, le devis et le planning proposé par un prestataire de service font souvent office de base pour réduire le risque. 

On comprend donc bien que même si vous avez fait le meilleur cahier des charge du monde, vous transmettez ⅔ des risques du projet à un prestataire extérieur. 

Et si’l faut réduire le budget, ou les délais ne conviennent pas à vos propres estimations, vous êtes forcés d’arbitrer sur la qualité et donc sur le contenu du cahier des charges, le tout, avant même d’avoir commencé le projet. 

En agilité, on change de mentalité face au risque et à la prédiction : grossièrement, on définit des grandes lignes, on priorise et on met les mains dans le cambouis. 

On fonctionne avec des cycles itératifs de 2-3 semaines où l’on se concentre sur la valeur pour l’utilisateur et la sortie au bout du cycle d’une version fonctionnelle, grâce à la priorisation des tâches (product backlog). 

Les cycles ultra-courts permettent de faire le point régulièrement, tout en s’améliorant dans le processus (atelier dédié : la rétrospective), et donc de réduire le risque au fur et à mesure qu’on avance, tout en sortant quelque chose de concret et utile pour les utilisateurs.

2. l’équipe agile : se focaliser sur la valeur pour l’utilisateur

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Dans le projet agile, les rôles sont définis pour créer un maximum de valeur pour les utilisateurs finaux.

Le product Owner : il est le garant de la vision sur le produit, pour créer un maximum de valeur pour ses utilisateurs. C’est lui qui fixe des priorités des fonctionnalités qui seront développées (le backlog). Dans le projet Mouv’, ce rôle a été porté par le client, la BCI.

L’équipe de développement : ils sont garants de la réalisation technique du produit. Ils sont là pour suivre le backlog et faire en sorte que la qualité soit la meilleure possible. Dans le projet Mouv’, l’équipe était répartie entre Tealforge (réalisation) et la BCI (accompagnement sur la technique interne). 

Le Scrum Master : il est le facilitateur et le garant de la méthode. Il fait en sorte que l’agilité soit bien appliquée (rôles de chacun, rythme, ateliers) et accompagne l’équipe dans son amélioration continue. Dans le projet Mouv’, le rôle a été porté par Tealforge. 

3. Évoluer et changer de direction

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Cette réduction de risque progressive permet également de changer de direction beaucoup plus facilement. En effet, personne ne s’étant engagé sur des fonctionnalités précises et prédéfinies, si une estimation technique s’avère beaucoup plus compliqué que prévu, ou si de nouveaux éléments apportés par les utilisateurs ou les clients entrent dans le projet (et c’est toujours le cas ;p), il est très simple de simplement re-prioriser et de continuer à construire. 

L’inverse est également vrai ! Si les tâches s’avèrent plus simples que prévues, il est très facile d’ajouter des fonctionnalités au fur et à mesure. Ces bonnes surprises arrivent d’ailleurs plus souvent que vous ne le pensez.

En avançant, dans le projet, les équipes de la BCI sont revenues sur des décisions au fur-et-à-mesure qu’ils testaient l’application dans les livraisons successives. Grâce à la méthode, il n’y a eu aucun souci à faire évoluer la demande initiale. 

4. Créer de la valeur testable, rapidement

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Déjà, l’agilité a permis un gain de temps considérable (côté BCI, comme côté Tealforge) car malgré le cadre technique complexe (bancaire/application mobile iOS et Android), le cahier des charges n’a pas eu besoin d’être précis.

Les cycles itératifs (sprints) ont été de deux semaines, ce qui a permis d’avancer dès le lancement du projet et surtout d’identifier rapidement les points d’amélioration, que ce soit sur la méthode de travail, la technique ou les fonctionnalités imaginées. 

Le plus important cela dit, est que l’agilité se concentre sur la livraison de valeur. C’est-à-dire qu’à chaque fin de cycle, on doit livrer quelque chose de fonctionnel et testable par le client. On peut donc mieux se rendre compte de l’avancée, et prendre les décisions en cours de route, que ce soit pour corriger des bugs, avant qu’ils se reproduisent (oui oui, les bugs font des p’tit, vérifiez) et/ou arrivent tous quand les développements sont terminés, ou pour changer de direction sur les fonctionnalités. 

5. Le principe des 80/20 sur les fonctionnalités 

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Vous connaissez le principe de Pareto ? 20% de vos efforts feront 80% de vos résultats, 80% de votre CA est réalisé par 20% de vos clients. 20% de vos tâches prennent 80% de votre temps. Elle s’applique également aux fonctionnalités que vous imaginez sur vos outils. 

En développant en mode agile, les fonctionnalités demandées ne sont pas garanties d’être dans le produit final à la signature du devis. Et ce n’est pas grave, car 80% de vos utilisateurs utilisent 20% de vos fonctionnalités. En priorisant et se concentrant sur la qualité du résultat, développer en mode agile permet avant tout de se focaliser sur ces 80% d'utilisateurs. C’est d’ailleurs celui qui porte la valeur pour l’utilisateur final (le product owner) qui effectue cette priorisation, et ce rôle est souvent porté par le demandeur (ici la BCI).

Pour Mouv’, une fonctionnalité avait été imaginée pour notifier les utilisateurs en temps réel en fonction de leur géolocalisation. Pourtant identifiée comme importante, sa complexité a rendu trop lourd le travail par rapport à la valeur apportée à l’utilisateur final. Il a donc été décidé, par le client, de la dé-prioriser au profit d’autres fonctionnalités. 

Innover, ce n’est pas ce que vous croivez 

(Ndlr. blague pour la rime) 

Très couramment, l’innovation est associée à l’innovation radicale.

Pourtant, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement) catégorise l’innovation en 4 types : 

  • l'innovation incrémentale : améliorer ce qui existe déjà

  • l'innovation adjacente : adapter une idée à un autre produit/marché

  • l'innovation de rupture : proposer un produit à un coût inférieur ou simplifié

  • l'innovation radicale : proposer une idée qui n’existait pas avant. 

Pour le projet Mouv’, on retrouve des composantes de chaque type, si on prend le cadre de la Nouvelle-Calédonie. 

Le besoin d’innover d’une façon ou d’une autre a d'ailleurs clairement été identifié par les équipes de la BCI, et notamment pour ce projet : “Pour les calédoniens, la tendance est à investir dans l'espace numérique, et particulièrement dans le bancaire. La BCI se doit de leur répondre et de les accompagner” (Quentin, Product Owner sur le projet Mouv’).

Comme nous l’avons vu dans l’article, la vision globale des équipes et l’application de méthodes agiles ont donc permis de mettre les utilisateurs finaux, les jeunes calédoniens, au centre des enjeux. Mais au-delà du rôle numérique d’utilisateur qui leur a été attribué, l’humain a joué un rôle central dans le développement du projet.

“Il y a certes un retard à combler, si on se compare au reste du monde, mais une certaine partie de la population n’est pas encore prête, avant d’être lâché dans le tout digital. La BCI et les institutions ont un rôle d’accompagnement pour ces populations. Pour intégrer l’humain dans l’innovation. La proximité, l’humain, sont extrêmement importants pour l’innovation digitale du territoire.” 

Un grand merci à la BCI et à toute l’équipe du projet pour leur confiance. Tealforge continue d’accompagner les porteurs de projets numériques innovants et vous partagera très bientôt de nouveaux articles sur ses sorties ;)